La différence de conception entre l'allopathie et l'homéopathie est comparable à la différence entre l'art musical occidental et l'art musical oriental.

Si l'occident s'est toujours soucié de construire des blocs de musique tels que l'harmonie ou le contrepoint, il utilise en médecine des médicaments qui agissent selon la « loi des contraires » et qui ont un effet de masse, de poids, pour supprimer des symptômes que ceux-ci entrent ou non dans un cadre nosologique. L'orient de son côté, ne cherche pas à bâtir le son, à lui donner un corps rigide, mais à l'allonger, à l'effiler, à le rendre insaisissable, à l'infinitésimaliser. Le son échappe à l'oreille comme le remède homéopathique échappe à l'entendement occidental.
Si, entre chaque dilution homéopathique existe une agitation nécessaire à l'action du remède, c'est une agitation silencieuse, comparable à un soupir, c'est l'agitation d'une autre recherche.
On retrouve ce mode de pensée dans les arts martiaux. Il ne s'agit pas de pousser plus fort que l'adversaire, mais de se servir de sa force, de la prolonger.
L'homéopathie qui utilise « la loi des semblables », va dans le sens de la maladie.
Est-ce à dire que les deux modes de pensée sont incompatibles ?
Entre les deux musiques occidentale et orientale s'établit certes, un antagonisme énorme quant à leur conception et pourtant toutes les deux sont de la musique. De la même manière, l'allopathie et l'homéopathie sont antagonistes puisque l'une utilise la « loi des contraires » et l'autre la « loi des semblables » ; mais toutes deux sont de la médecine.
Cet antagonisme ne veut pas dire qu'il y ait incompatibilité. C'est un problème de connaissance et de choix.
Comment un musicien pourrait être pour la musique occidentale et contre la musique orientale ? Cela aurait-il un sens puisqu'il est avant tout musicien ?La médecine offre plusieurs façons de soigner. Différentes techniques médicales peuvent être employées et adaptées à chaque cas.Le médecin choisit en fonction du patient qu'il soigne, tout en sachant que chaque être « souffrant » est unique.
Comment un corps constitué (fut-il la Faculté ou l'Académie de médecine) pourrait-il juger dans l'absolu et de ce fait n'avoir qu'une vue partielle du sujet ? Ne devons-nous pas toujours nous remettre en question ? Et ne pas suivre les exemples d'intolérance ?
Déjà au VIe siècle, Grégoire le Grand s'était appliqué à refouler l'infiltration, au sein de l'Eglise, de toute musique d'origine orientale telle que celle apportée par un Saint Hilaire de Poitiers ou par l'Evêque Saint Irénée.
De même, au XVIIIe siècle, le « Similiae similibus curantur » dérangea les partisans d'une médecine qui se voulait traditionnelle. Ceux-ci repoussèrent avec véhémence le propagateur de la loi des semblables, le docteur Samuel Hahnemann.

Devrions-nous les imiter?

 

Extrait du livre du Docteur Alain JOSEPH: les gestes qui sauvent, les gestes qui préviennent, approche homéopathique.