Quand on ne sait plus de quel côté se trouve la volaille!

vendredi 4 novembre 2005, 18h58

 

Fin de l'exercice simulant un cas de grippe aviaire dans le Finistère

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KERGLOFF (AFP) - Routes barrées, exploitation isolée, volailles détruites, mesures de protection pour éviter la propagation du virus : un exercice de deux jours simulant un cas de grippe aviaire dans une ferme du Finistère, s'est achevé vendredi.

Vers 7H30 vendredi, le préfet a pris l'arrêté fictif de destruction de l'élevage de Kergloff, après analyses positives du laboratoire de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire et alimentaire) de Ploufragan (Côtes d'Armor).

 

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Deux zones de sécurité sont alors instituées, l'une de "protection" dans un rayon de 3 km autour de l'élevage en cause, l'autre de "surveillance" dans un rayon de 10 km.

L'entrée des zones est sévèrement gardée par les forces de l'ordre. Elle est soumise à autorisation spéciale, après franchissement de pédiluves et rotoluves pour désinfecter chaussures, pneus et bas de caisses de véhicules. Les fonctionnaires à proximité de l'élevage ont revêtu une double combinaison étanche de protection, ainsi que des lunettes et des masques.

 

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Dans le même temps, la circulation d'animaux, personnes ou véhicules est limitée ou interdite pendant la période minimale de quarantaine fixée à 21 jours.

Trois autres élevages du Finistère et des Côtes d'Armor liés à celui de Kergloff (même abattoir ou même origine des animaux) ont également été déclarés "suspects" dans le cadre de cet exercice, et ont fait l'objet d'investigations menées par les services vétérinaires des deux départements.

 

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Le scénario grandeur nature de Kergloff a reçu l'assentiment des professionnels, qui espèrent rassurer les consommateurs alors qu'une forte baisse de la consommation de volaille a été enregistrée ces dernières semaines en France.

"Si un problème se pose, on est capable de le canaliser. Tout sera bloqué dans l'élevage. Eleveurs et administrations sont aujourd'hui très professionnels", s'est félicité Jacques Jaouen, président de la Chambre d'agriculture du Finistère, qui a participé à l'exercice en tant qu'"observateur".

 

"Il faut éviter l'effondrement de la filière. Expliquer et informer de façon la plus transparente possible est nécessaire pour garder la confiance des consommateurs", a souligné de son côté Louis Orenga, directeur du Centre d'information des viandes (CIV), qui a déjà vécu l'effondrement de la filière bovine après l'apparition des cas d'ESB.

 

M. Jaouen est confiant dans la rapidité de détection de la maladie: "Les éleveurs sont très sensibles à toute modification du cheptel, baisse d'appétit ou baisse de ponte ou si les volailles en général n'ont pas le même comportement", relève-t-il.

 

"On n'est ni démunis ni inquiets si un cas se déclare, y compris si cela touche plusieurs départements", s'est félicité à l'issue de l'exercice Philippe Hercouet, directeur des services vétérinaires de Bretagne. "Eliminer la source virale et éviter que ça diffuse autour, on sait le faire, y compris en cas d'urgence, c'est positif et réconfortant", a-t-il assuré.